Guivat Hatarmoshet

Givat Hatarmoshet : se souvenir d’abord des homme

Givat Hatarmoshet ce n’est pas qu’une chanson écrite par Yoram Taharlev. C’est d’abord et avant tout le lieu d’une des batailles de la guerre des Six Jours en juin 1967. En effet cette position tenue par les Jordaniens suite à la guerre d’Indépendance de 1948 et à la division de Jérusalem entre israéliens et jordaniens, fut attaquée le 6 juin 1967 à 2h30 du matin par des parachutistes israéliens. S’en suivie une bataille féroce qui fit 37 tués du coté israéliens. Par la suite, les forces israélienne se lancèrent à l’assault de la vieille ville et libérèrent le Kotel. Mais n’allons pas si vite.

C’est en 1975 que le site de cette bataille devient un mémorial et un musée. En même temps que l’inauguration, sont d’ailleurs plantés 182 oliviers, un pour chaque soldat tombé à Jérusalem lors de la guerre des Six Jours.

Aujourd’hui on peut toujours visiter ce site qui se trouve à coté de la station de tramway du même nom. Il est maintenant dirigé par les enfants des anciens combattants de cette batatille restée célèbre et certains d’entre eux continuent à guider les visiteurs à travers les tranchées tout en racontant ce qu’ils ont vécu ici.

Se souvenir d’abord des hommes

Givat Hatarmoshet a ouvert en septembre 2017 un nouveau musée sur son site. Complètement fermé, il peut se visiter toute l’année.

Même si ce musée raconte la Guerre des Six Jours, ce n’est pas un musée traditionnel. En effet, son objectif n’est pas que de parler de la bataille, mais de mettre surtout l’accent sur les hommes qui y ont participé.

Et c’est pourquoi, accompagnant le musée, a aussi été créé un mémorial très émouvant, circulaire, dédié aux 182 soldats qui ont été tués à Jérusalem lors de cette guerre. Affichées au mur, une photo de chaque homme, mais pas comme on pourrait s’y attendre en uniforme. Non, ce sont les familles qui ont choisi les photos – adolescent au bord de la piscine, déguisé pour Pourim etc – comme elles voulaient que l’on se souvienne de chacun, de celui qu’il était avant d’être un soldat. Au centre, certaines vitrines contiennent des objets personnels de tel ou tel soldat. Enfin, sur un écran, un film sans paroles. Celui d’un danseur et chorégraphe israélien, lui même combattant, qui exprime à sa façon la Guerre des Six Jours. Comme décor, les champs autour du village où il a grandit dans le nord du pays. Le recours au noir et blanc et à la couleur permet de jouer sur les souvenirs et le temps présent. Bref, il est difficile de décrire ce petit film de quelques minutes, mais croyez moi il est fort en symboles et en émotion.

 

Passons dans le musée lui même. On s’y déplace comme à travers les six jours qu’ont duré la guerre de 1967. Muni d’un casque audio qui permet d’entendre le son des films projetég et les témoignages des participants, on suit aux cotés des soldats la progression presque heure par heure des manoeuvres et des batailles à Jérusalem. On suit évidement ce qui se passe sur le terrain, à Jérusalem, mais aussi à travers d’autres documents, ce qui se passe en Israël et dans le reste du monde.

Mais la partie la plus touchante est celle qui concerne les témoignages directs des hommes qui étaient sur le terrain. En effet, une guerre c’est de la stratégie, du matériel mais tout d’abord et principalement des hommes. Des hommes qui avant d’être subitement appelés pour aller combattre, sont avant tout des pères, des fils, des frères, parfois professeur, charpentier, agriculteur. Tout au long du parcours, on découvre les petites histoires qui font partie prenante de la grande histoire.
Celle de ce jeune soldat à qui une grand-mère qui avait habitait dans la vieille ville avant 1948, donne un drapeau israélien avant de partir en lui disant ” si par hasard tu arrives jusqu’au Kotel, déploie le ” Et il l’a fait. Son drapeau est exposé ici.
Celle des soldats israéliens qui pendant les manoeuvres ont pris le temps d’enterrer 6 soldats jordaniens et de planter à coté des tombes un fusil avec un écriteau ” ici sont enterrés des braves soldats jordaniens “. Le fusil est exposé ici.
Les dessins réalisés par un des soldats lors des combats et qui sont eux aussi exposés ici.

Le voyage se termine évidement par la libération du Kotel. Et comme dernier symbole le livre de prières dans lequel a prié le rav Goren, celui qui fit retentir le chofar devant le Kotel libéré. Et au bout du chemin le mur des noms avec les 182 soldats tombés au combat à Jérusalem et par terre 182 pierres prises sur les différents terrains de batailles de la ville.

 

Les autres points d’intérêt du site

Le site de Givat Hatarmoshet est relativement grand. Il est resté pour une partie en l’état, ce qui permet de circuler dans les tranchées et les bunkers de l’époque. Quelques véhicules militaires d’époque permettent aussi de se replonger dans le temps. Le site extérieur ( hors musée et spectacle ” son et lumière” ) est en accès libre. Mais c’est une toute autre vision que l’on a du lieu et des événements si on visite le site avec un guide. Et c’est encore mieux si on a la chance d’être guidé par un vétéran, un ancien soldat qui était sur les lieux en 1967 et qui permet de mieux prendre conscience de ce qui s’est vraiment passé ici ( il y a un vétéran francophone qui fait des visites sur réservation).

Avant la création du nouveau musée, une représentation ” son et lumière ” faisait revivre le déroulement des opérations à Jérusalem grâce à des vidéos mais aussi grâce à une maquette de Jérusalem sur laquelle l’avancée des troupes est projetée. Ce spectacle est toujours disponible et complète bien la visite.

En même temps que l’aménagement du nouveau musée, le terrain extérieur du site a aussi été entièrement refait et ouvert au public. Cloturé et planté de pelouse, il est devenu un lieu très sympa pour faire une pause, un pique-nique ou même des événements plus importants. Des panneaux installés le long d’un chemin serpentant, retracent en photos quelques grands événements de Jérusalem et d’Israël.

Givat Hatarmoshet
Adresse – Shragai street
Tél –  02 58 28 442
Site –  www.givathatachmoshet.org.il

Des questions, des commentaires sur cet article?
Contactez-nous 

Contactez-Nous