Le musée du Gush Katif à Jérusalem

Gush Katif

Le musée du Gush Katif à Jérusalem

On entend beaucoup parlé du Gush Katif en ce moment, à l’occasion du quinzième anniversaire de son évacuation en août 2005. Je me souviens cet été là, nous étions à Melbourne en Australie – pas exactement à coté d’Israël. Quand on se baladait dans le quartier juif de la ville, on voyait des tissus oranges accrochés un peu partout aux fenêtres, aux voitures et je me souviens aussi au collier d’un chien. Toutes ses marques étaient des soutiens au Gush Katif.

Voilà donc quinze ans que Israël s’est retiré de cette région. En 2008, un musée a été ouvert à Jérusalem pour raconter l’histoire du Gush Katif. Tout d’abord l’implantation des juifs, son développement économique et agricole et bien sûr, l’expulsion de ses habitants en  2005 qui reste un fait marquant, si ce n’est un traumatisme, dans la jeune histoire du pays.

Le musée du Gush Katif est situé non loin du shouk Mahané Yehuda. A travers quelques salles l’histoire de cette région depuis les Hasmonéens jusqu’à son évacuation en 2005 est racontée à travers des photos et des objets. En effet, il faut savoir que l’histoire de la présence juive dans le Gush Katif a connu tout au long des derniers siècles des hauts et des bas avec différentes implantations et évacuations de gré ou de force.

Mais ce qui frappe vraiment c’est la détermination et l’amour de la terre des derniers occupants juifs. De quelques caravanes installées au milieu du désert, de véritables villes ont poussé avec des infrastructures, des industries, des exploitations agricoles. Grâce à de nombreux témoignages, écrits ou filmés, on comprend mieux comment le Gush Katif est devenu en seulement quelques années un des principaux greniers agricoles du pays. La relation entre ses habitants et la terre devait être bien spéciale pour qu’après son évacuation, la région redevienne un désert où plus rien ne pousse.

Ariel Sharon, alors premier ministre, signe l’ordre d’évacuation du Gush Katif pour l’été 2005. Le facsimilé de sa déclaration est d’ailleurs reproduit dans le musée.

On revoit aussi les images vues sur toutes les télévisions du monde durant l’été 2005. Celles de l’armée israélienne venant déloger des familles de leur maison et des synagogues des différentes villes. Quel sentiment étrange de revoir des soldats pleurant autant que ceux qu’ils doivent chasser.  Certaines photos valent bien plus qu’un long discours, comme celle de ce petit garçon venu offrir des gateaux à ceux qui vont l’expulser de sa maison.

 

Le musée recèle aussi d’autres objets qui permettent de se souvenir du Gush Katif, de ce qu’était la vie là-bas. Parmi eux, un des plus symboliques est la menorah de Netsarim que les manifestants ont apportée jusqu’au Kotel lors de leur expulsion. Des oeuvres d’art d’artistes, tableaux et sculptures, décrivent aussi le traumatisme de certain lors de cet événement.

 

 

 

Le musée du Gush Katif ne se veut pas être un musée politique, même si évidemment on sent bien qu’il est là pour déplorer la perte d’un patrimoine et pour quoi? Le dernier film de l’exposition montre ce qu’est devenu le Gush Katif quelques années après son expulsion. Il est bien triste de constater que toutes les synagogues ont été détruites et que cette terre qui était à une époque pas si lointaine si fertile et redevenue un désert.

Petite vidéo de présentation en hébreu

 

Musée du Goush Katif
Shaare Tsedek 5, Jérusalem
tél : 02 625 54 56
site  http://www.gushkatifmuseum.com/

Visite sur pré-inscription uniquement en ce moment. Il y a un guide qui parle français et qui peut organiser, sur demande, une visite guidée de groupe.

 

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