“A Modern Love” : un demi siècle vu à travers l’oeil de l’objectif

photos modern love

“A Modern Love” : un demi siècle vu à travers l’oeil de l’objectif

Le Musée d’Israël est connu pour ses vastes collections d’objets d’art et d’objets archéologiques. Il l’est peut être moins pour sa collection de photographies, plus de 75 000 photos quand même. Dernièrement, il a eu le bonheur de recevoir deux importantes donations de collectionneurs de photos : une collection de clichés de Noel et Hariette Levine, une des plus belles collections privées de photos au monde et 43 photos de femmes photographes provenant de la collection de Gary Sokol. Il n’en fallait pas plus pour mettre en place une superbe exposition intitulée ” Modern Love ” qui passe en revue la première moitié du 20e siècle vue à travers l’objectif de photographes célèbres.

 

modern love photos gale

 

man ray photos
Man Ray ” Black and white “

L’exposition raconte à travers des photos en noir et blanc l’évolution de l’Europe et de l’Amérique pendant la première moitié du 20ème siècle, de 1900 à 1945. Sur les murs extérieurs de la grande salle où se trouve l’exposition, chaque année est représentée par une photo. Les différentes niches ( petites salles en alcove ) mettent en valeur un thème ou un artiste en particulier comme Man Ray et ses 2 versions de sa fameuse photo ” Black and white ” représentant Kiki de Montparnasse et un masque africain – pour la petite histoire, la photo qui s’est vendue la plus chère au monde.  Eugène Atget, photographe français a lui pris plus de 8000 photos de Paris mais des détails de bâtiments ou d’escaliers, lançant ainsi un nouveau style. Il est intéressant de noter que ” A Modern Love ” fait la place belle aux femmes photographes, moins célèbres que leurs collègues masculins et surtout moins exposées malgré leur talent comparable.

 

 

 

atget photos
Eugène Atget

 

Il est intéressant de noter que la photographie a mis du temps à s’imposer comme “objet d’art”. En effet bien que les photographes aient décidé d’utiliser ce support dès le début du 20ème siècle pour faire de l’art – montrer une réalité différente ou toute simple, mettre en valeur l’abstrait avec une technique bien concrète elle – la photo, en tant qu’objet d’art, n’a été reconnue que tardivement, dans les années 1970, quand elle a fait son entrée dans les collections des musées. De plus, on ne parle à cette époque que de photos en noir et blanc – comme celles exposées ici –  et pas en couleurs, bien que ces dernières existent depuis longtemps. Les photos couleurs sont encore à cette époque considérées comme des supports publicitaires et non comme une forme d’art.

 

Paul Strand photos
Paul Strand ” White fence”

 

La photo a été utilisées pendant la première moitié du 20ème siècle dans différents objectifs. Elle sert de support de documentation sur différents aspects de la société, dans les années 1920, les portraits et l’architecture sont des sujets phares de l’art photographique. Quelques années plus tard, notamment en Russie et dans l’Allemagne nazie, la photo se transformera en support de propagande.. Dorothéa Lange travaille pour l’administration agricole américaine et fait des photos reportages pour documenter la situation des fermiers Blancs dans le sud des Etats-Unis. Mais elle en profitera aussi pour réaliser des portraits de Noirs. Presque au même moment, Dora Maar à Paris photographie la crise économique à travers le portrait de travailleurs des rues. En 1939, Roman Vishniac est envoyé par le Joint dans les ghettos en Pologne pour faire des photos qui aideront à récolter des fonds. Robert Capa, documentera lui la guerre civile espagnole des années 1930. Liselotte Grschebina fuit l’Allemagne nazie et se réfugie en Israël. Elle y fera des portraits d’athlètes, qui rappellent ceux de la propagande nazie, mais bien sûr sans cette connotation..

 

 

Dora Maar photos
Dora Maar
Dorothea Lange photos
Dorothea Lange “Ex slave with long history “

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je vous conseille de visiter cette exposition de photos avec des écouteurs ( gratuits à prendre à l’entrée du musée en laissant une carte d’identité) et d’écouter les explication du curateur qui en révèle plus sur les différents photopgraphes et la portée de leurs oeuvres.

 

texte et photos : Valérie Cudkowicz
septembre 2019

Related posts

Give a Reply