” Out of the blue ” ou la quête de la couleur tekhelet

out of the blue

” Out of the blue ” ou la quête de la couleur tekhelet

” Out of the blue ” est la nouvelle exposition du musée des Pays de la Bible. Elle tourne autour de la couleur bleue, ou plutôt comme on l’appelle en hébreu : tekhelet. En fait le nom moderne du bleu en hébreu est כחול – kakhol – mais il n’apparait jamais dans la bible sous ce nom là, juste sous le nom de tekhelet.

On le sait il était coutumier de teindre les tsitsits ( franges aux 4 coins des vêtements et aujourd’hui sur le talit – châle de prières ) de ses vêtements en tekhelet au temps des premier et second temple. Puis le secret de fabrication de cette teinture a disparu. C’était à l’époque un secret bien gardé car très lucratif puisque les coquillages – le murex – qui servaient à l’obtention de cette couleur spéciale valaient 20 fois leur poids en or.

blue tekheletIl faut dire que depuis la nuit des temps, le bleu et le violet sont des couleurs qui portent une signification très spéciale. Le bleu est une couleur difficile à toucher dans la nature – il y a peu de bleu dans les fruits et légumes et même dans les plantes. Elle est celle du ciel et de la mer et ainsi elle porte une notion de divin. Il existe un passage dans le Talmud de Babylone qui dit ” le tekhelet ressemble à la mer, qui ressemble au ciel, qui ressemble au saphir qui ressemble au trône divin “. Les chercheurs pensent d’ailleurs que la couleur saphir qui est décrite ici est celle de la pierre lasus lapidis, une pierre précieuse qui a été utilisée dans la fabrication d’objets royaux.- bijoux, statuettes etc..
Quant au violet, il a été dans de nombreuses civilisations le symbole de la royauté ou celui des classes supérieures.

L’exposition retrace donc cette quête permanente des couleurs bleue et violette pour la fabrication des vêtements ou des bijoux ou des objets de culte. Par exemple dans la vaisselle en faïence, on ajoutait du cuivre pour obtenir une couleur bleue. Au fil du temps, on a utilisé toutes sortes de coquillages, de plantes ou de procédés ” chimiques” pour obtenir ces couleurs.

tekhelet blue

Au 19e siècle, on s’est remis à chercher à fabriquer le tekhelet. On connaissait l’animal, le murex, qui devait le produire – les pêcheurs de ce coquillage avaient des tâches bleues sur leurs vêtements – mais on ne savait pas comment obtenir la couleur bleue recherchée. Le rabbin Herzog, premier grand rabbin d’Israël dans les années 1950, a écrit son PhD à Londres sur la couleur bleue/violette.

Ce n’est qu‘en 1985 que par le fruit du hasard, on a redécouvert comment obtenir la couleur tekhelet à partir des glandes de l’animal contenu dans le murex. Comme les glandes ne se dissolvent pas dans l’eau, on y ajoute donc des produits chimiques mais la couleur obtenue est jaune. De plus il se dégage une odeur insupportable. On sort donc le tube à essai dehors … et c’est là que l’on constate qu’au soleil, la couleur vire au vert puis au bleu !!! Et depuis, une ferme d’élevage du murex a été ouverte à Haifa et plusieurs sociétés – dont Ptil Tekhelet qui est associée à l’exposition et qui peut d’ailleurs se visiter – fabriquent à nouveau des tsitsits de couleur tekhelet. Il faut 30 murex pour faire un tsitsit.

blue tekhelet demo

L’exposition se termine sur le drapeau d’Israël qui est, et ce n’est pas un hasard, bleu et blanc. Le saviez-vous, c’est David Wolffsohn qui a dessiné en 1897 pour le premier Congrés Juif Sioniste ce qui devait devenir le drapeau d’Israël – 2 bandes bleues en référence au talit et un magen David.

tekhelet drapeau
cof

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