"Ma vie en ce moment", une exposition à découvrir
J’avoue que c’est d’abord le titre de cette exposition « My life at the moment », » אלה כרגע חיי », » Ma vie en ce moment » qui m’a donné envie d’aller la découvrir. C’est également, le tableau qui sert d’affiche et de visuel dans les médias – un soldat entrain de peindre, son fusil posé à côté de son chevalet – qui m’a mené jusqu’à Beit Avi Hai où elle se déroule jusqu’au 30 avril 2026.
L’exposition présente quelques oeuvres de 5 artistes qui habitent Jérusalem, toutes réalisées ces 2 dernières années : Meydad Eliyahu, Raya Bruckenthal, Noga Greenberg, Elkana Levi et Alon Kedem. Et c’est cela qui fait l’intérêt de cet événement. En effet, les moments difficiles mais aussi joyeux et même parfois euphoriques que nous avons passés, nous ont tous changés …. alors quand est-il des artistes et de leur art? Quel est le lien entre art et réalité? Deux des artistes exposés sont des réservistes qui ont passé de longues périodes en miluim. D’ailleurs – est-ce une coincidence ou pas? – j’ai été particulièrement touché par leurs oeuvres.
Elkana Levy , mobilisé dès le 1er jour de la guerre, est parti vers le nord avec son carnet à dessin. Il a croqué ce qu’il voyait. Et une fois de retour à la maison, pour de plus ou moins longues périodes, il s’est peint en uniforme dans différents tableaux.
Quelques jours après le 7 Octobre 2023, Meydad Eliyahu a commencé à dessiner sur ses carnets, les visages des otages. Chaque jour ou presque, il postait un nouveau portrait sur les réseaux. La confusion de la situation lui a d’ailleurs fait dessiner plus de portraits que de réels otages. Ces dessins ont été repris sur des affiches lors de rassemblements et manifestations. Meydad ne travaille généralement pas à partir de photos, mais ici il n’avait pas vraiment le choix. Il a toutefois, souvent transformé les visages pour leur enlever leur sourire et les marquer de l’épreuve qu’ils vivaient. Il a aussi réalisé des scènes pour montrer la vie en temps de guerre.
Les 2 tableaux d’Alon Kedem font partie d’une série » Seeing you, seeing me », qui traduit une réflexion sur la manière dont les médias ont couvert la guerre et comment cela a été ressenti par tout un chacun. Dans une de ses oeuvres on voit des portraits se refléter à travers les verres des lunettes et couvrant le regard même du personnage peint. La deuxième représente un bus vide, un symbole de l’attente des otages.
L’exposition est ouverte du dimanche au jeudi de 10h à 18h, le lundi jusqu’à 22h et de 9h à 13h le vendredi.
Il faut normalement s’inscrire sur le site de Beit Avi Hai : בית אבי חי | אירועי תרבות ויצירה ישראלית – יהודית מקורית
Renseignement pris à l’entrée de l’exposition, il est tout à fait possible d’arriver et de faire votre « réservation » sur place. Ils ne veulent juste pas voir arriver tout un groupe sans être au courant, car la salle n’est pas très grande et donc elle peut être encombrée rapidement. Mais si vous êtes au centre-ville, n’hésitez pas à y faire un tour, la visite ne prend pas beaucoup de temps.
Beit Avi Hai : 44 rue King Georges
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