6h après la guerre

Nouvelle exposition "A six heures, après la guerre"

Le musée des Pays de la Bible, inaugure ce soir, jeudi 19 février 2026, sa nouvelle exposition temporaire « A six heures, après la guerre ». J’ai eu la chance de pouvoir la visiter il y a quelques jours et je vous dis donc de quoi elle parle.

C’est intéressant de savoir que cette exposition, qui comme son titre l’indique, parle de guerre, mais pas seulement, était déjà en projet avant le 7 octobre 2023. Evidemment, les événements vécus depuis, ont eu une influence sur la construction de l’exposition mais ils en ont bien sûr aussi une sur la manière dont chacun va la visiter.

Je voudrais commencer par expliquer son titre  » שש אחרי המלחמה », très mal traduit en anglais, et qui veut dire « A 6h après la guerre ». C’est une phrase tirée d’une nouvelle de Jaroslav Hasek,  » le bon soldat Svejk » écrite dans les années 1930 et qui est entrée dans la culture israélienne. Deux amis soldats de la Première Guerre Mondiale, se donnent rendez-vous à 18h à la fin de la guerre pour se retrouver et parler à la terrasse d’un café. Mais quand peut-on dire qu’une guerre est vraiment finie? Qui est vraiment victorieux? Et qui est le perdant? 

Voilà la problématique abordée dans cette exposition, à travers des exemples de guerres anciennes, voire antiques, dont certaines se sont déroulées dans la région. On entre dans le sujet par la salle des armes, présentant différents modèles d’armes anciennes – malheureusement en montage lors de mon passage. Puis 4 parties différentes, avec textes et objets, abordent 4 thèmes de réflexion : 

* La victoire comment définir ce qu’est une victoire, d’après l’exemple de la bataille de Kadesh entre l’Egypte et les Hittites au 13ème siècle avant notre ère.

* Les perdants qu’arrive-t-il aux perdants d’une guerre avec l’exemple de l’exil des populations lors des conquêtes assyriennes dans la région

* Le prix de la guerrela souffrance et le deuil suite aux pertes humaines, à travers la Guerre de Troyes et les réflexions d’Achille

* Le lien entre la guerre et la paix – la paix romaine, Pax Romana, définit ce qu’est la paix et les symboles associés à ce moment parfois éphémère.

Tout au long de l’exposition, on ne peut s’empêcher de faire des rapprochements avec notre quotidien. Ramsès II a failli perdre la bataille de Kadesh car il a été trompé par de « faux émissaires » envoyés par les Hittites pour dire que ceux-ci étaient très loin de Kadesh, ce qui lui a fait baisser sa garde …… une faillite des renseignements sur l’ennemi… Achille, dans la Guerre de Troyes, reconnait l’importance du retour des corps des combattants pour les enterrer et les honorer. Pour lui la victoire n’est pas que militaire mais aussi « morale ». Picasso a bien compris que le symbole de la paix – la colombe et la branche d’olivier – ne représente rien sans le dépôt des armes et c’est ce qu’il a peint dans son tableau.

Cette exposition nous montre, à travers ses récits et ses objets, que la guerre et la paix sont de vieilles notions, qui changent et s’adaptent à travers l’histoire des hommes. Mais surtout que leurs contours ne sont toujours pas aujourd’hui clairement identifiés. De quoi méditer….

Pour en savoir plus : עמוד הבית –

Voici quelques images de l’exposition

 

  1. 1.statue de Ramsès II
  2. 2. battaille de Kadesh
  3. 3. vidéo sur les guerres et déplacements de populations dans la région
  4. 4. le bouclier d’Achille
  5. 5. glaive tordu, dont la réplique a été offerte en 1977 par Menahem Begin à Sadat en signe de paix
  6. 6. tableau de Picasso

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